Un rêve de jeunesse qui décolle en fusée

Un entrepreneur québécois qui rêve depuis 20 ans d’envoyer une fusée dans l’espace est sur le point d’accomplir son rêve d’enfance avec sa PME de Saint-Jean-sur-Richelieu.
«À l’âge de 12 ans, je savais déjà que je voulais faire des fusées. C’était une vraie passion pour moi», confie en entrevue au Journal Bachar Elzein, PDG et directeur technique de Reaction Dynamics.
Fondée il y a quatre ans, sa PME d’une quinzaine d’employés de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, a décollé lorsqu’elle a obtenu une subvention de 200 000 $ de l’Agence spatiale canadienne.
«Je suis né au Québec, mais j’ai passé mon enfance au Liban où la petite télévision dans ma chambre était ma fenêtre vers la science», confie le chercheur, qui s’est tourné vers l’entrepreneuriat pour accomplir son rêve.
Ces dernières années, sa PME a développé en secret une fusée orbitale pour offrir un service de lancement de satellite à bas prix. Aujourd’hui, le projet est à maturité et l’entreprise prévoit un premier vol spatial d’ici un an et demi.
Alors qu’on doit se tourner vers des lancements de fusées américaines, russes, ukrainiennes ou européennes, l’entrepreneur de Reaction Dynamics mise sur une solution «100 % québécoise».
«On veut être cette compagnie-là au Canada. C’est un très gros marché. Il y a au-delà de 100 000 satellites en attente de lancement, dont 10 000 qui sont à la recherche de fusées», résume M. Elzein
Pour l’homme d’affaires, l’aventure a véritablement pris son envol lorsqu’il était aux études à Polytechnique Montréal.
«Je ne donnerai jamais assez de crédit à mon professeur, Étienne Robert, qui m’a donné une chance en recherche lorsque j’étais étudiant en mathématique et physique. Ça lui a pris 45 secondes pour me dire oui», lance Bachar Elzein.
Rapidement, le chercheur s’est imposé. Ses équipes ont raflé les honneurs des concours importants coup sur coup, à trois reprises, entre 2012 et 2014.
«Quand on gagnait la compétition, souvent, on se retrouvait à rencontrer des ingénieurs de Boeing, SpaceX et des juges de la NASA. On essayait d’avoir des stages, mais ce n’était pas faisable parce que l’on n’était pas américains et que l’on n’avait pas de Green Card», souligne l’entrepreneur de 31 ans.
Aujourd’hui, Reaction Dynamics termine une ronde de financement de 5 M$ US pour développer son moteur de fusée et bâtir son propre centre d’essai.
«On a eu 1,5 M$ cette année de l’Agence spatiale canadienne. Les autres qui ont eu de l’argent sont toutes des compagnies de 1000 à 2000 employés, contrairement à nous qui sommes un peu plus de dix employés», souligne-t-il avec fierté.
D’ici la fin 2021, Reaction Dynamics aimerait embaucher une vingtaine de personnes et espère avoir son usine de fabrication de fusées de 300 travailleurs d’ici 2025.
«Je ne suis pas riche. Ça m’a permis de me casser les dents et de développer une ténacité», conclut celui qui a 70 M$ de lettres d’intérêt en poche.
journal de Montreal




